Vu qu’on ne peut pas que avoir de la chance, il faut des journées comme ça où ton lundi qui s’annonçait « chargé mais organisé » tourne au vinaigre…

Ce fameux lundi, il commence à Buenos Aires, se poursuit en Uruguay, puis en Patagonie Argentine, et se termine au Chili… Pas mal en 40 heures !

Nous commençons notre journée par l’Uruguay. Des bateaux naviguent chaque jour entre Buenos Aires et Colonia del Sacramento en 1h (fast boat) ou 3h (slow boat). Nous avons prévu de prendre un bateau à 8h, un retour à 17h, puis de prendre notre vol à 23h40 pour Rio Gallegos, seule destination encore accessible (et pas trop chère) pour la Patagonie. Le prix à payer est autre : on arrive à 3h du mat’ dans la pampa et on n’a pas de plan pour la suite !

Colonia del Sacramento est une petite bourgade d’Uruguay classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est un lieu de villégiature des portenos (habitants de BA) où nombreux sont ceux qui ont une résidence secondaire. L’avantage y est multiple : la ville est charmante, à proximité de Buenos Aires et on peut retirer des dollars ce qui n’est pas rien, l’argent étant un gros point noir en Argentine ; on vous en reparlera plus tard. Bref, l’idée pour cette journée était de visiter la ville tout en profitant pour retirer des dollars et les échanger au blue mercado à BA avant notre vol afin d’avoir un taux bien plus intéressant.

Concernant la ville, on a eu droit à une journée de bretonne ou autrement dit une flotte comme on avait jamais eu, des grosses gouttes qui mouillent, nous deux en short/tee-shirt moi en petites sandales en cuir qui se sont noyées ce jour (il me reste les bonnes vieilles tongs, les chaussures de rando sexy et un paire de bensimon, les choix se restreignent…). On en a donc « profité » pour visiter les cafés hors de prix et parcouru la ville entre les arbres et les rebords de toits pour s’abriter comme on pouvait. On vous met les uniques photos qu’on a prises durant une accalmie, je pense qu’elles ne rendent pas justice à la bourgade…

DSC05852IMG_2877DSC05840Après cette belle journée d’été, nous nous rendons dollars dans la poche (héhéhé, on est contents !) au port pour récupérer notre bateau. Le hic : 1h après notre horaire de départ initial, on nous annonce que le ferry est annulé, il est en panne. La compagnie n’a pas de bateau de rechange, la seule possibilité qu’il nous offre est d’attendre 20h pour prendre un slow boat (3h pour rappel) afin d’arriver à 22h à BA (-1h décalage horaire). Le calcul est vite fait : nous devons aller changer nos dollars (essentiel mais OK on peut passer), retourner à l’appart, faire nos affaires, nous laver (dans l’idéal mais au pire nous changer, on s’est lavés toute la journée sous la pluie), prendre un taxi et arriver avant 22h40 à l’aéroport : Compliqué, tout en sachant qu’on doit être environ 200 dans le bateau et que la sortie du bateau se fait mollo-mollo…

On s’ouvre une alternative : une autre compagnie affrète un fast boat à 21h, ce qui nous fait arriver à 21h. Le souci : Notre compagnie (on cafte : colonia express), refuse de nous payer le retour via le concurrent (buquebus) mais accepte de nous rembourser notre trajet = 40€ pour 2. Le problème, c’est qu’en arrivant chez le concurrent qui n’est pas, mais alors vraiment pas aimable, et qui se frotte les mains à nous voir arriver, la note se corse = 140€ pour le retour. Aie. Après avoir étudié toutes les possibilités inimaginables, le « moins pire » reste de se séparer de 100€ pour arriver à 21h et avoir notre vol. Notre magouille de dollars n’aura servie à rien vu le prix que nous coûte le trajet et en plus on ne peut pas les changer à BA… Mauvais plan.

C’est donc avec un pic de stress d’environ 12 sur 10 pour Eva, 9 sur 10 pour Morgan que nous embarquons enfin pour notre bateau (celui de colonia express n’étant pas encore parti à 20h30, on se dit qu’on a fait le bon choix). Le hic (encore ?!), c’est que notre compagnie, qui s’était engagée (vu le prix payée elle pouvait au moins faire ça) à partir et arriver à l’heure, décide d’attendre d’autres passagers en provenance d’une autre ville. Il est 21h15, nous n’avons toujours pas amarré, je passe à un pic de 20 que 10. Le bateau finira par partir à 21h35, nous ne profitons ni des services à bord, ni du duty free, l’idée étant de camper devant la porte de sortie (qui soit-dit en passant prend l’eau, le bateau chavire, les gens se cassent la gueule…) afin d’être les premiers à sortir et de courir !!

Arrivée 21h40, dans un port à l’opposé de chez nous : TAXI ! « Si senor et senorita, 200 pesos » !!!! Nous voilà donc à courir après un taxi qui veuille bien ne pas nous couilloner ; et on tombe sur notre Héros. On peut l’appeler Pédro, il a compris notre détresse et l’a gérée comme un chef en roulant à 110kms/h dans la ville (sur une rue bien aérée, pas de soucis !). En moins de temps que pour dire OUF nous voilà chez Vicky, pour 37 pesos. On retrouve le sourire 🙂

Le temps de récupérer nos affaires et c’est reparti pour l’aéroport. Nous arriverons à 22h30, épuisés. Il est noté sur l’écran des départs : « consulter la compagnie », au lieu de « embarquement en cours », on prend peur mais pas de soucis, c’est juste pour maintenir le cardio…

Arrivés 3h du mat dans l’aéroport, pas d’autre choix que d’y dormir. On se rend compte cette nuit-là qu’il fait froid en Patagonie, ça fait trois semaines qu’on se promenait en bermudas, on se dit qu’il va falloir réorganiser notre sac.

Vers 7h du mat, on continue notre périple vers la gare routière, puis attendons un bus pour Rio Turbio à 9h30 (durée de 3h) afin d’avoir une connexion pour Puerto Natales au Chili (2h). Le bus part de Rio Turbio à 16h30, on est large !

On est claqués, hyper claqués mais les paysages dès la sortie de l’aéroport nous sont inconnus et nous donnent envie d’en voir plus. Des steppes arides dans fin, une route (la route 40) longue mais longue, sans fin. Ce décor immense est époustouflant.

route40.carnetdecuriosites.com

On arrivera sans mal au Chili à Puerto Natales où nous avons une chambre chez Victor qui nous donne envie de partir dès le lendemain pour Torres del Paine. Le temps est beau, durant encore 3 jours, nous souhaitons partir au moins 3 jours en trek… C’est parti ! On s’organise à 20h30 notre paquetage : location de matos de camping, bouffe pour 5 repas + ptits déj… Il est minuit, bon dodo de 6h et c’est reparti !