Après avoir passé du temps dans la moiteur de l’Amazonie et dans la chaleur sèche du désert péruvien, on a un peu de mal à retourner dans le froid des montagnes. Mais le Pérou, en plus de tout le reste, détient une des plus belle chaîne de montagnes du monde, la Cordillère Blanche et un Parc National classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Un trek assez commun permet d’en traverser les plus beaux contours, le trek de Santa Cruz. Il se parcourt sur 3 ou 4 jours, de Vaqueria (3600m d’altitude) à Cashapampa (2900m) ou vice versa mais c’est plus dur car le dénivelé diffère. Nous retrouvons Séb et Lili sur Huaraz, ville phare de la région et nous décidons de ne pas faire le trek ensemble. Ils souhaitent prendre leur temps et le parcourir sur 4 jours + Laguna 69 en débutant par Cashapampa et nous on souhaite faire simple (de Vaqueria) et efficace (en 3 jours), on verra après pour la laguna 69 si vraiment c’est beau. Ça caille un peu ici et chaque jour nous expliquent les riverains, il fait beau le matin puis il pleut averse vers 16h, pendant une heure ou plus. On se prendra ce soir là une radée mémorable pendant plusieurs heures accompagnée d’un violent orage… Vivement demain 🙁huarazsantacruz.carnetdecuriosites (2)_resultat huarazsantacruz.carnetdecuriosites (4)_resultat huarazsantacruz.carnetdecuriosites (3)_resultat

Départ 5h30 du mat´, on prend un collectivo pour Yanama (1h) puis un autre pour Vaqueria qui doit durer 3 heures… Oh non, il flotte, euh non, il neige ! Et merde, on pète un élément sous le mini-bus… Nous voilà donc frigorifiés devant le bus 45 minutes durant à attendre que le chauffeur répare son truc… On commence à avoir l’habitude et prenons ça avec beaucoup de philosophie. Et on n’est pas motivés pour marcher de toutes façons donc ça retarde l’échéance ! Dans le collectivo, il y a également un couple de suisses-allemands et dans un autre qui s’arrête pour prêter main forte, deux jeunes anglais.huarazsantacruz.carnetdecuriosites (6)_resultathuarazsantacruz.carnetdecuriosites (14)_resultat

On se fera donc un trek frenchies vs bretzels au chocolat vs rosbifs ! C’est pas très futé mais qu’est ce que ça motive quand vraiment t’avances à reculons. Nous sommes les premiers partis vers 11h15, on dévale la descente puis partons sous une fine pluie qui mouille, bille en tête pour notre premier objectif : atteindre le 2ème camping. On entend gueuler au loin, on se dit chouette un abandon 😉 mais on se retourne quand même. Et on voit au loin les chocolatiers suisses qui hurlent en notre direction… Oups, on s’est plantés de route ! Pas grave, on remonte 30 minutes et prenons la dernière position… Les mégaboules. On rejoindra rapidement les Queensmum’s qui ne savent où se diriger ! No problemo Mamafrog est là avec son GPS pour guider la troupe 😉 On s’aperçoit sans mal qu’un des deux serait plus à l’aise derrière une tasse de thé qu’avec ses chaussures de rando dans la gadoue. Il n’est pas bien le pauvre, ça doit être l’altitude… Un peu plus loin, on croise un chico très sympa dans un pueblo – où se trouve d’ailleurs une mini-ferme d’élevage de cui – qui nous dit que le col est enneigé et que c’est un peu galère avec le temps d’aujourd’hui… Ah bon ? On est pourtant si bien sous la flotte à 10 degrés max. Enfin, c’est après la traversé des villages que la situation se corse. Le chemin est comment dire.. Boueux, glissant, inondé par endroit et Ô miracle, il se met à pleuvoir fort ! On pouvait pas rêver mieux ; si ! On ne voit pas une montagne, que du plaisir.

On passera bien trop de temps à tenter de trouver le bon l’endroit pas trop dégueu où poser son pied pour éviter d’avoir de la boue jusqu’à la cheville… On n’a pas fait un sans faute malheureusement, on est plein de gadoue ! La bonne nouvelle, c’est qu’on a rattrapé les horlogers ! Ca nous met un peu de baume au cœur… On décide de continuer la route ensemble. L’herbe est inondée au 2ème terrain de camping, on va continuer notre ascension vers le col de Puna Union à 4750m d’altitude en espérant que l’on trouve des terrains potables. Il est 16h30, on commence à s’inquiéter de ne rien trouver, la pluie s’intensifie. Nous trouverons 30 minutes plus tard un terrain pas top mais pas pire. On passera le reste notre journée dans notre tente à espèrer ne pas se prendre un orage sur le coin de la tête ou encore de ne pas être inondés ou encore de ne pas mourir de froid car on souffle de la fumée sans fumer sous nos duvets et nos pieds sont trempés… C’est horrible !huarazsantacruz.carnetdecuriosites (1)_resultat huarazsantacruz.carnetdecuriosites (11)_resultat huarazsantacruz.carnetdecuriosites (10)_resultat huarazsantacruz.carnetdecuriosites (8)_resultat

Après une nuit de sommeil, levés 5h pour monter à 4750 m. Niveau de motivation : 0, taux d’humidité des vêtements : 10, chaussures : trempées, pantalon : la boue n’a pas séché. Et en plus, il a plu toute la nuit et il pleut encore ! Magique ce trek. On regarde au loin, on ne voit rien, pas un rayon de soleil ou un bout de ciel bleu, pas une montagne… Ce soir on doit dormir à 3900m d’altitude. Une seule solution : L’abandon ! Les swiss ont gagné, nous déclarons forfait 🙁 Ils vont tenter l’ascension, on leur souhaite bien du courage ! Sur le chemin du retour, pas d’English à l’horizon, ils ont dû abdiquer quand on les a croisé… Dommage, ils avaient loué du super matos ; comme quoi, ça ne fait pas tout ! Après avoir rebroussé nos 5h de marche, nous trouvons un collectivo qui nous ramènera de Vaqueria à Huaraz. On est contents de rentrer au chaud mais un peu dégoutés de ne pas avoir vu la Cordillera Blanca, d’avoir payé l’entrée du parc (65 soles), la loc de la tente pour 3 jours (mais on négociera le dernier jour) et tous les sandwichs qui nous attendent… En plus on voit que le temps se dégage… Allé, l’essentiel c’est qu’on ait encore nos 10 doigts de pieds 🙂huarazsantacruz.carnetdecuriosites (15)_resultat huarazsantacruz.carnetdecuriosites (9)_resultat huarazsantacruz.carnetdecuriosites (16)_resultathuarazsantacruz.carnetdecuriosites (12)_resultat

Après coup, on se dit qu’on a bien fait d’abandonner, Lili et Séb n’ont pas laché et ont eu de la neige, de la boue jusqu’aux cuisses, de la flotte le reste du temps… Le trek de trop nous diront-ils… On s’est dit pareil ! Vamos à la playa, on veut du chaud et du repos maintenant !