Quand on arrive dans l’horrible ville d’Uyuni après avoir passé 4 jours sur Mars ou la Lune on ne sait plus trop, on n’a qu’une envie, prendre nos jambes à notre cou et partir au plus vite. Heureusement, les transports sont bien développés en Bolivie, pour les micros (mini-bus) ou les bus, il y a toujours une nénette embauchée pour gueuler en continu le nom de la ville de destination et ainsi attirer le badaud. Car la règle du micro est simple : on part quand on c’est rempli. Ca nous fait penser au Sri Lanka ; on a encore en tête le « Dambulla, Dambulla, Dambulla » incessant d’un chauffeur chevronné qui n’avait qu’une idée en tête même en roulant : voir son bus déborder de sri lankais (on était déjà full).

Après quelques heures de virages sur les essieux, on arrive à Potosi, ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde (4090 m d’altitude), classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Potosi semble encore marquée par les stigmates d’un destin tragique. La particularité de cette ville qui fut élevée au rang de « ville impériale » par les conquistadors (la seule en Amérique du Sud), sa mine, qui regorgeait d’argent et qui a été pillée par les espagnols pendant plus de 3 siècles, tuant plus de 6 millions d’esclaves.

Potosi a eu un rôle majeur dans le monde, elle a enrichie l’Europe, aurait créé le capitalisme grâce à l’argent extrait de ses mines dont les espagnols ne savaient que faire. La mine est encore active mais est bien pauvre en minerais désormais. Environ 6 000 mineurs se tuent encore à la tâche, par accidents souvent, par maladie aussi notamment liées à l’alcool. Il est d’usage d’acheter en passant par un petit marché à l’entrée de la mine un petit quelque chose à offrir aux miniers. L’alcool à 96° est sur étals du marché, entre les bombes et les biscuits et surtout sous terre…

Cette ville est à la fois triste et pleine de vie. On retrouve à chaque coin de rue un vestige de la colonisation et de nombreuses églises. La Casa de la Moneda, très intéressante à visiter, nous rappelle qu’il n’y a pas si longtemps, Potosi créait la monnaie pour le Monde alors qu’aujourd’hui c’est le Monde qui crée la monnaie pour la Bolivie (dixit la guide du musée).

Nous restons deux jours ici et partons en vacances une semaine à Sucre, à quelques heures seulement d’ici.potosi.carnetdecuriosites (12) potosi.carnetdecuriosites (11) potosi.carnetdecuriosites (10) potosi.carnetdecuriosites (9) potosi.carnetdecuriosites (8) potosi.carnetdecuriosites (7) potosi.carnetdecuriosites (6) potosi.carnetdecuriosites (5) potosi.carnetdecuriosites (4) potosi.carnetdecuriosites (3) potosi.carnetdecuriosites (2)